Les impacts du numérique sont importants et en croissance constante.

La plupart des études convergent vers deux constats :

  • L’empreinte environnementale du numérique est significative (2,5 % de l’empreinte carbone annuelle de la France) et tend à augmenter si rien n’est fait pour la limiter (Ademe / Arcep – Janvier 2022).
  • Ce sont les terminaux qui pèsent le plus lourd dans l’empreinte carbone (de l’ordre de 80 %), notamment lors de leur fabrication (énergie fossile et extraction de métaux, sans oublier les impacts environnementaux associés : utilisation des ressources en eau, pollution, déforestation…). L’empreinte diminue donc si on allonge la durée de vie des équipements (Ademe – Février 2022).

Le volet prospective de l’étude Ademe / Arcep met l’accent sur la nécessité d’une « réduction ou stabilisation du nombre d’équipements. L’allongement de la durée de vie des terminaux, en développant davantage le reconditionnement et la réparation des équipements est un axe majeur de travail, tout comme la sensibilisation des consommateurs à ces enjeux. » Cette lettre est consacrée aux téléphones mobiles, qui représentent les plus forts volumes en circulation. Nous reviendrons ultérieurement sur les autres terminaux connectés (box, TV…).

Les consommateurs se tournent vers la seconde main, mais les mobiles sont toujours prioritairement achetés neufs …

Dans la consultation organisée par Orange début 2023, les répondants s’expriment largement en faveur de l’augmentation de la durée de vie des produits numériques. Mais si les enquêtes consommateurs montrent une évolution des comportements, les achats neufs restent prépondérants.

D’après le Credoc, en 2021, 83% des téléphones sont achetés neufs, 17% d’occasion ou reconditionnés. La durée de détention ne varie pas : 2 ans maxi pour les deux tiers des répondants, qu’il s’agisse de neuf ou d’occasion. 25% des possesseurs de smartphones ont procédé à « un achat plaisir », alors que leur appareil était encore fonctionnel. Une fois sur deux, l’ancien smartphone est conservé plutôt que de le réemployer (28%) ou le recycler (14%). En 2023, le baromètre Kantar / Recommerce indique que 45% des interviewés ont déjà acheté un téléphone de seconde main, et que 59% se déclarent prêts à le faire, principalement motivés par le prix (66%), puis par le réemploi ou le recyclage, en progression de 6 points par rapport à 2022 (43%).

Comprendre l’économie circulaire

Par opposition à l’économie linéaire (extraire / fabriquer / consommer /jeter), l’économie circulaire consiste à produire des biens et des services de manière durable, en limitant le gaspillage des ressources (matières premières, eau, énergie) et la production de déchets. Fondée sur la notion de cycle, l’économie circulaire préconise une série d’actions commençant par la lettre « R ».

Vu des consommateurs

les 6 re

Vu des producteurs

On retrouve les mêmes notions, adaptées à la production et à la commercialisation des produits et services, complétées par :

  • Repenser ou redesigner (éco-concevoir), pour être moins gourmand en matière comme en énergie, et plus durable.
  • Reconditionner les objets qui peuvent avoir une seconde vie dans de nouvelles mains.

Pour les smartphones, le plus efficace est d’allonger leur durée de vie afin de réduire la fabrication de terminaux neufs. En l’état actuel, même s’il faut le mettre en œuvre en fin de vie, le recyclage est peu performant. En 2019, 17 % des déchets électroniques étaient collectés et recyclés à l’échelle mondiale (GreenIT).

… et les opérateurs ne vendent qu’une faible part des mobiles reconditionnés

En 2022, l’Arcep dénombre 20,6 millions de téléphones mobiles vendus en France, dont 3,5 millions (17%) sont des reconditionnés. Mais seuls 305 000 d’entre eux sont commercialisés par les opérateurs, soit 4% de leurs ventes de terminaux mobiles.

schema arcep part du reconditionne dans les ventes de mobiles

Source : Arcep – avril 2024 – données 2022

Aux côtés d’acteurs présents depuis longtemps (Fnac, Darty, Boulanger…), les reconditionneurs, comme Recommerce, et les places de marché spécialisées comme Backmarket voient leurs parts de marché croître rapidement. Cependant, les reconditionneurs français alertent et demandent une réglementation plus stricte pour garantir la qualité des terminaux reconditionnés.

Pour le consommateur, l’engagement d’une enseigne est important, tant pour faire reprendre l’ancien appareil (effacement des données) que pour acheter sereinement un mobile d’occasion (fiabilité, labellisation ou certification des produits d’occasion ou reconditionnés, garantie).

Occasion ou reconditionné ?

Don, vente de particuliers à particuliers ou réemploi B2C ou B2B (Business to Consumer ou Business to Business) ne sont pas nécessairement associés au reconditionnement, lequel implique (décret du 17/02/23) plusieurs conditions :

  • Données personnelles effacées,
  • Tests et contrôles de qualité pour garantir la conformité avec la législation.
  • Réparation si nécessaire, avec des pièces détachées conformes aux pièces d’origine.
  • Qualification du terminal avec un grade attribué en fonction de son esthétique (A+, A, B).

Ceci distingue le reconditionné d’un smartphone d’occasion qui se revend en l’état et sans garantie. Un appareil reconditionné proposé par un acteur de confiance – comme un opérateur – est donc très sécurisant pour l’acheteur.

=> Extrait de la Lettre Comprendre & Agir RSE #1/2024


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